Accès au contenu principal

Le procès de Thomas Brennan, Globe, 27 septembre 1848

Le 4 mai dernier, Mary O'Connor, Brennan et sa fille se sont promenés, avec d'autres personnes, sur le chemin de Queenston à Chippewa. Ils en sont revenus durant la soirée : au milieu du trajet entre les deux places ci-mentionnées, la fille de Brennan s'est arrêtée pour boire un verre dans une maison. Les autres compagnons de route ayant continué leur chemin, elle a repris le trajet, toute seule, et elle est revenue à la maison après le coucher du soleil.

Elle a vu Patrick O'Connor et son petit garçon dans la maison, qui allaient se coucher. Son père est revenu tardivement à la maison et elle n'a jamais revu Madame O'Connor. En se réveillant le lendemain matin, son père et Patrick O'Connor avaient déjà quitté la maison - une petite demeure appartenant à M. Brown située près de la vieille église sur une route de macadam à Queenston. Elle est allée se promener sur les rives de la rivière et elle a aperçu le corps d'un homme qu'elle croyait être celui de Patrick O'Connor, ce que l'enquête du Coroner a ensuite pu confirmer. Son père est revenu vers midi. Elle lui a dit ce qu'elle avait vu et il lui aurait dit que quelqu'un l'avait peut-être tué, pour des raisons qu'il ignorait. Le même jour, vers 14h00, un petit garçon de 4 ans a réussi à se rendre à la maison de Madame Margaret Hopkin à Queenston, bien que confus et en détresse physique et mentale ; l'un de ses petits bras était fracturé de l'épaule au coude et son visage, sa tête et des hanches étaient couverts d'ecchymoses et de bleus. Le lendemain, la fille de Brennan a tenté d'emmener le garçon, mais il n'a pas voulu, comme s'il était terrifié par elle. Madame Hopkin a refusé de le laisser partir avec elle, tant et aussi longtemps que ses parents ne le réclamaient pas. La fille de Brennan lui a dit qu'ils étaient partis pour deux ou trois jours à Lockport ; une allégation qui, en sachant qu'elle avait vu le corps de M. O'Connor, la veille au matin, n'était pas crédible.

Le petit garçon a témoigné à la Cour, mais ce qu'il a dit n'a pas pu être retenu comme preuve puisque ne sachant pas ce qu'était une prière ou encore une déclaration faite sous serment. Nous devons maintenant expliquer certaines circonstances entourant les faits mentionnés ci-dessus et qui prouvent hors de tout doute la culpabilité du prisonnier. Vers 6h00 du matin, le 5 mai, il a été vu par un facteur au sommet du précipice (les gorges du Niagara) sous lequel les corps des malheureux O'Connor ont été retrouvés ; tout comme ont été retrouvés une corde et un marteau souillés de sang, objets qui furent utilisés souvent par le prisonnier. Le manteau qu'il portait était aussi souillé de sang et des traces de sang ont aussi été trouvées dans la maison, ainsi que sur la route menant à la montagne, au chemin des vieilles baraques et au précipice. O'Connor a été vu, avant sa mort, en possession de 10 ou 12 dollars et lorsque le prisonnier a été arrêté à Toronto par le constable M. Foster, il avait sur lui une somme d'argent importante qu'il n'a pas pu être capable d'économiser honnêtement ; Brennan a aussi tenté de vendre la robe à carreaux de Mary O'Connor, après la mort de cette dernière. La fille de Brennan lui a demandé la raison pour laquelle Madame O'Connor n'était pas revenue de Chippewa avec lui et il lui a dit qu'elle était allée chez M. Kennedy ; et après qu'elle lui a dit avoir vu le corps de M. O'Connor, gisant sur les rives de la rivière, il a répondu au témoin que les O'Connor étaient allés travailler à Lockport et, à une autre reprise, qu'ils étaient partis pour Lewiston afin que M. O'Connor puisse y recevoir des soins pour ses yeux malades.

Le corps de M. O'Connor a été découvert le 10 mai par des garçons et celui de sa femme a été découvert le 28 mai - son corps étant dans un état avancé de décomposition et dépourvu de vêtements, Madame O'Connor a pu être identifiée grâce aux cordons de ses bottines. »

Le proc��s de Thomas Brennan, Globe, 27 septembre 1848